Alexandre Simeon Janvier

1935 -

Le travail d’Alex Janvier est le reflet de sa relation au territoire et des changements saisonniers qu’il y observe. Son style unique marie l’iconographie traditionnelle des Dénésulines (motifs employés dans les ouvrages en piquants de porc-épic et les perlages) à des influences et techniques occidentales telles que l’abstraction moderne et le dessin automatique. Janvier travaille sur plusieurs supports et est surtout connu pour ses peintures à l'huile de grande taille et ses murales.

 

Alex Janvier naît en 1935 dans la réserve Le Goff des Premières Nations de Cold Lake, en Alberta. À l’âge de huit ans, il est envoyé au pensionnat indien. Là-bas, contre toute attente, on remarque vite son talent artistique et on l’encourage à le développer. De 1953 à 1955, Janvier reçoit l’enseignement d’un tuteur, Carlo Altenburg. Il espère poursuivre sa formation artistique à l’École d’art et de design de l’Ontario, sauf que l’agent des Indiens de sa réserve ne l’y autorise pas ; il entre donc au Provincial Institute of Technology and Art, à Calgary, où il obtient son diplôme ès beaux-arts en 1960. Il commence aussitôt à enseigner. Au début des années 1970, avec six autres artistes autochtones, Janvier forme Professional Native Indian Artists Inc., un des premiers collectifs indépendants et autogérés voués à la promotion de l’art autochtone au Canada. C’est aussi à cette époque qu’il décide de se consacrer à la peinture à temps plein. Il reçoit dès lors plusieurs commandes d’envergure (la fresque Étoile du matin, réalisée en 1993 pour le Musée canadien de l’histoire, lui vaut d’ailleurs le surnom d’« Alexangelo ») et ses œuvres font l’objet d’expositions individuelles et collectives notables au fil des ans. L'exposition « Alex Janvier : Maître autochtone de l’art moderne » a été organisée par le Musée des beaux-arts du Canada en 2016 et a circulé dans des musées à travers le pays. 

 

Alex Janvier a reçu de nombreux prix et distinctions au cours de sa carrière, dont un prix d’excellence de la Fondation nationale des réalisations autochtones (aujourd’hui les prix Indspire, 2002), un Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques (2008) et la Médaille du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II (2013). Il est récipiendaire de l’Ordre du Canada et titulaire de plusieurs diplômes honorifiques de divers établissements d’enseignement canadiens. Il vit toujours à Cold Lake, en Alberta, où il tient une galerie d’art avec sa famille.