Jean Paul Lemieux

1904 - 1990

Né à Québec en 1904, Jean Paul Lemieux compte parmi les plus importants artistes canadiens du XXe siècle et son œuvre est emblématique du modernisme au Québec. Après des études à Montréal et à Paris, il enseigne à l'École des beaux-arts de Québec. Pendant qu’il est en congé sabbatique de l’École des beaux-arts de Québec en 1954, l’artiste obtient une bourse de la Société royale du Canada qui lui permet de s’établir en Bretagne et sur la Côte d’Azur avec son épouse, Madeleine, et leur fillette, Anne. À son retour à Québec, Lemieux expose 28 toiles réalisées sur la Côte d’Azur dans le cadre d’une exposition personnelle présentée à la galerie L’Atelier et inaugurée par Gérard Morisset, alors conservateur au Musée du Québec et ami intime du peintre. 

 

À la fin des années 1950, la réputation de Lemieux connaît un essor spectaculaire, tant au pays qu'à l'étranger. Il est honoré par des expositions individuelles à Vancouver, Toronto, Montréal et Québec, et ses œuvres sont présentées dans quatre expositions biennales au Musée des beaux-arts du Canada. Les années 1960 constituent un point culminant dans la carrière de Jean Paul Lemieux, qui produit au cours de cette décennie quelques-unes des peintures les plus mémorables de son vaste répertoire. Il représente le Canada à la Biennale de Venise en 1960 et devient membre de l'Académie royale des arts du Canada en 1966.  En 1967, l’artiste est décoré de la médaille du Conseil des arts du Canada et en 1968, fait compagnon de l’Ordre du Canada.

 

Au cœur de cette production, le portrait se distingue par la charge émotive et dramatique qu’il confère aux paysages épurés, parfois à la limite de l’abstraction. Lemieux s’intéresse de plus en plus aux formats atypiques des supports, jugeant « les formats classiques ennuyeux », et aux cadrages cinématographiques, tous au service d’une rigueur formelle traduisant une conception très personnelle du monde, une Weltanschauung. Quelques œuvres de Lemieux explorent plus frontalement ses visions dystopiques du monde – sans toutefois perdre de vue la stylisation plastique –, notamment Québec brûle (1967) et The Aftermath (1968). Québec occupe une place prépondérante dans l’œuvre et la vie de Jean Paul Lemieux, qui la fera porteuse d’une riche symbolique à travers les périodes marquantes de son aventure esthétique de peintre. Les scènes de nuit sont d’ailleurs très fréquentes dans l’œuvre de Lemieux – La nuit à Québec-Ouest (1964), Pleine lune (1966), Orion (1967) –, sans compter les innombrables champs déserts, qui sont légion dans son corpus. 

 

Ses tableaux ont été présentés dans le cadre d'expositions consacrées à l'art canadien à la Biennale de São Paolo, à l'Exposition universelle de Bruxelles, au Museum of Modern Art de New York, à la Tate Gallery de Londres et au Musée Galliera de Paris.






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