Jean Paul Riopelle

1923 – 2002

Né en 1923 à Montréal (Canada), Riopelle étudie à l'École des Beaux-Arts et à l'École de Meuble, où il suit les cours du maître automatiste Paul Émile Borduas. En 1947, Riopelle se rend à Paris où il s'associe brièvement au mouvement surréaliste parisien, signe le manifeste Rupture Inaugurale et présente sa première exposition individuelle à la galerie La Dragonne en 1949.

La célèbre période des mosaïques de Riopelle (1949-59) a lancé sa carrière et a eu un impact déterminant sur sa renommée. En 1952, le jeune trentenaire travaille dans son tout premier atelier, situé au 52, rue Durantin, à Montmartre. Énergisé par cette liberté nouvelle et par l’effervescence de la vie parisienne, il parvient à mettre au point un style unique, fait de l’aplat de la peinture à la spatule évoquant les tessères de la mosaïque. En 1954, il commence à exposer régulièrement à la Pierre Matisse Gallery, à New York, et il représente le Canada à la Biennale de Venise en compagnie de Paul-Émile Borduas et de B. C. Binning.

Les années 1960 se présentent comme une décennie riche en expérimentations plastiques et esthétiques. Esquivant les formules et, par le fait même, les courants artistiques dominants, l’artiste se réinvente perpétuellement au moyen d’une multitude de techniques : gouache, encre, pastel, huile, gravure, collage et sculpture. Les formes ovales et rondes apparaissent dans les tableaux de Riopelle au tournant des années 1960, notamment dans Hublot, Tondo, Lever de rideau et Ovale. Ces formes singulières constituent une ponctuation forte dans l’œuvre du peintre, qui y aura maintes fois recours pour générer une représentation plus intimiste, voire plus exploratoire, de son imaginaire. À cet égard, les références à la nature s’intensifient dans son œuvre au fil des années, allant de la simple allusion jusqu’à une représentation plus littérale. Gage d’une maturité et d’une polyvalence fondamentale, cette démarche multidisciplinaire nourrit chaque corpus, pièce par pièce, laissant au passage les traces concrètes de ses aboutissements précédents, puis les indices de ce qui va poindre : chaque œuvre appelle ainsi la suivante, dans une cadence ininterrompue.

Après ses voyages au nord du 55e parallèle dans les années 1970, Jean Paul Riopelle tombe sous l’influence de l’art inuit, comme en témoigne la série Jeux de ficelles (1971-1972). Ce vaste corpus, qui comprend une centaine d’acryliques sur papier marouflé sur toile, se démarque autant par sa technique que par sa source d’inspiration, la ficelle, laquelle sert de motif et de point de départ à une improvisation picturale.

Signataire du manifeste Refus global de 1948, Riopelle a audacieusement remis en question les conventions de la peinture et de la sculpture canadiennes. Il a été nommé membre de l'Ordre du Canada en 1969 et son œuvre a fait l'objet d'importantes rétrospectives au Musée des beaux-arts de Montréal, au Musée des beaux-arts du Canada et au Centre Pompidou.






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