Exécutée avec finesse dans un style empreint des influences européennes modernistes chères à l’artiste, la gouache sur papier Buste de femme (1942) d’Alfred Pellan est en quelque sorte l’aboutissement de recherches plastiques menées au cours de séjours à Paris dans un contexte de grand tumulte mondial. En dépit de la guerre, qui le contraint à revenir au Québec à l’été 1940, Pellan se sent poussé par un vent de fraîcheur et de modernité. Dans Buste de femme, il s’approprie l’approche cubiste et la palette de Matisse, tout en optant pour un sujet de prédilection : la figure féminine. Solennel et quasi hors du temps, ce modèle n’est pas sans rappeler la série des Femmes assises de Pablo Picasso. Ici, la pose de trois-quarts dynamise des aplats de couleur qui, soulignés à larges traits noirs, confèrent au portrait une véritable force expressive, manifeste dans la carrure et le port de tête digne. Les rangs de perles se prolongent dans le champ fleuri du veston pour ensuite terminer leur course dans le tourbillon du papier peint, où fragments et motifs transcendent tout espace euclidien.
En 1941, Pellan quitte l’atelier de la rue Sainte-Famille qu’il partage avec Philip Surrey et s’installe au 3714, rue Jeanne-Mance, près de l’École des beaux-arts de Montréal, où il obtient, deux ans plus tard, un poste de professeur dans lequel il s’épanouit pleinement. Durant cette période, sa carrière artistique prend son envol : il expose notamment à la Galerie municipale du Palais Montcalm (Québec), à la Galerie nationale du Canada (aujourd’hui le Musée des beaux-arts du Canada, à Ottawa) ainsi qu’à l’Art Association of Montréal (ancêtre du Musée des beaux-arts de Montréal); ses œuvres circulent à Toronto, à Boston et à New York, puis en Floride et au Connecticut. Une première monographie est consacrée à son œuvre.





















































