Le tableau Rétine nationale, daté de 1966, témoigne d’un moment charnière dans la carrière de Marcel Barbeau. À New York, où il vit de 1964 à 1968, le peintre s’intègre aux réseaux artistiques alors en vogue dans la métropole américaine, où il connaîtra une reconnaissance internationale. À la suite d’une première exposition individuelle à l’East Hampton Gallery, qui représente l’artiste de 1965 à 1970, la critique positive de l’époque associe sa récente production au mouvement op art – ou art optique –, alors en pleine effervescence aux États-Unis, si bien que le peintre devient un véritable pionnier du mouvement au Canada. Barbeau participera à de nombreuses expositions d’art optique aux États-Unis, où il se distinguera de ses contemporains grâce à une approche plastique plus intuitive ou viscérale, malgré l’« apparence réglée » des tableaux. La dualité perceptive se trouve au centre de ses recherches, soutenue par des réseaux linéaires et des plans chromatiques particulièrement lumineux.
Peintre, sculpteur, photographe et artiste de la performance, Marcel Barbeau connaît une carrière prolifique marquée par l’interdisciplinarité. De son vivant, le caractère novateur des formes d’art radicales qu’il privilégiait, l’exemplarité de son œuvre et son esprit indépendant ont maintes fois été cités. Élève de Borduas, Barbeau signe le manifeste Refus global en 1948 et se joint au groupe des Automatistes pour mieux s’en écarter quelques années plus tard, fidèle à ses convictions et en constante recherche picturale. Barbeau s’intéresse successivement à la montée de l’expressionnisme abstrait, au hard-edge et à l’art cinétique, dont il se fait le pionnier au Canada. Il reçoit de nombreux prix au fil de sa carrière, les plus récents étant le Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques et le prix Paul-Émile-Borduas en 2013.





















































