La figure de la mère, motif récurrent dans l’oeuvre sculpturale de Sorel Etrog, est la source d’inspiration sous-jacente de Madonna Bust. Réalisée entre 1963 et 1966, cette sculpture biomorphique expressive représente la tête et les épaules d’une figure féminine abstraite. Le visage, les bras et les mains de la madone sont définis par une lisse boucle de bronze ; tel un diadème, un demicercle agrémenté d’une rangée de petites rainures couronne la tête. Cette oeuvre qui se distingue par une quasi-symétrie bilatérale dégage une certaine sérénité tout en préservant la vitalité organique typique du travail de l’artiste.
Bien que certains critiques remarquent l’influence du sculpteur cubiste Jacques Lipchitz dans l’esthétique d’Etrog de cette période, en particulier dans les formes ondulées, ou les boucles, présentes dans des oeuvres comme Madonna Bust, Flight et Sunbird II, les dessins de l’époque montrent qu’Etrog tirait principalement son inspiration de l’art étrusque. En 1959, Etrog quitte Tel-Aviv, en Israël, pour s’installer à New York, où il fréquentera la Brooklyn Museum Art School. Le jeune étudiant est si fasciné par la collection étrusque du musée qu’en 1963, il se rend à Florence, en Italie, afin d’étudier de plus près la sculpture étrusque de l’Antiquité. Peu après son retour d’Italie, Etrog commence Madonna Bust, oeuvre qui n’est pas sans rappeler les bustes féminins en terre cuite de l’ancienne civilisation, particulièrement en ce qui a trait au diadème qui coiffe la tête, elle-même légèrement inclinée vers l’avant.
































































