Pendant un séjour en France de 1955 à 1970, Edmund Alleyn voit sa peinture non figurative des premières années céder progressivement la place à la figuration. Le retour au motif iconographique ainsi qu’à une approche plus thématique de la peinture – entamé dans Suite indienne (1962-1964) – prend un virage « plus radical lorsqu’Alleyn se joint à la Figuration narrative, un groupe d’artistes qui se distingue par son activisme politique », écrit Gilles Lapointe (Lanctôt, Edmund Alleyn : Dans mon atelier, je suis plusieurs, Musée d’art contemporain de Montréal, 2016). On remarque, en 1967, lors d’une exposition individuelle à la galerie Delta de Rotterdam, l’introduction d’éléments picturaux tels que des scalpels électriques et des circuits électroniques, qui met en lumière les « rapports équivoques de l’homme avec la technologie », ainsi que la dynamique toute particulière qui oppose « l’univers artificiel » au « monde organique » (ibid.). Sans titre (1966) met en scène cette dichotomie ainsi qu’un ensemble d’éléments issus du monde technologique et scientifique ; ces motifs, qui semblent léviter sur un fond indigo, rappellent un vacuum ou un univers parallèle. Le tableau fait écho au Rôdeur, peint la même année et acquis par le Musée national des beaux-arts du Québec.
Edmund Alleyn naît à Québec, dans la communauté anglo-irlandaise, en 1931. Il étudie à l’École des beaux-arts de Québec auprès de Jean Paul Lemieux et de Jean Dallaire. En 1955, il remporte le grand prix au concours artistique de la Province de Québec et obtient une bourse de la Société royale. En 1958, avec Paul-Émile Borduas, Harold Town, Jean Paul Riopelle et Léon Bellefleur, il fait partie de la délégation canadienne du Guggenheim International Award, à New York. En 1959, il remporte la médaille de bronze à la Biennale de São Paulo et est sélectionné pour représenter le Canada à la Biennale de Venise. Il s’éteint à Montréal en 2004.

































































