Vers le milieu des années 1950, la production artistique de Léon Bellefleur s’intensifie, le peintre, récemment libéré de ses tâches d’enseignant, étant inspiré par de fréquents voyages à Paris, dont la présente oeuvre conserve le passage dans son titre. Sur le plan plastique, cette soudaine liberté se manifeste par l’installation d’une nouvelle géométrie et par l’utilisation progressive, mais déterminée, de la spatule, outil de prédilection pour les oeuvres à venir. Plusieurs compositions réalisées à cette époque semblent émerger d’une source ténébreuse, voire crépusculaire, où les formes se morcellent et se multiplient en découpes légères, colorées, sinueuses, suivant une topographie à la fois précise et intuitive. Les doux frottis blancs, les bleus ciel et les pointes ensoleillées forment des contrastes absolus contre le noyau dur de l’oeuvre : une éclaircie à travers un feuillage dense, mais velouté.
































































