Sans titre (1965) s’inscrit dans une période marquée par des compositions principalement binaires et tertiaires dans lesquelles les masses et les lignes sont téléguidées par les hauts contrastes, qui permettent de multiplier les lectures entre le fond et la forme. « De 1965 à 1969, la production de [Fernand Leduc] témoigne d’un équilibre entre formes organiques, qui se lovent et s’interpénètrent, et constructions subtiles : chocs, tensions, couleurs vibratiles », écrit le critique d’art René Viau (« Fernand Leduc : Parcours et lieux de lumière », Vie des arts, vol. 32, nº 129 [décembre-hiver 1987]). Une écriture distinctive et des effets cinétiques donnent le ton à cette composition audacieuse où les rouges orangés, le bleu cobalt et le noir pur exécutent une chorégraphie sous haute tension, mais tout en finesse.
Né en 1916 à Viauville, au Québec, Fernand Leduc s’associe aux Automatistes durant ses études à l’École des beaux-arts de Montréal. Vers le milieu des années 1950, ses recherches picturales convergent vers la voie des Plasticiens. Son oeuvre fait l’objet de nombreuses rétrospectives depuis 1970. En France, le Musée des beaux-arts de Chartres et le Musée du Nouveau Monde de La Rochelle organisent, en 1985, une rétrospective de son oeuvre qui circulera aussi au Canada. Leduc reçoit le prix Louis-Philippe-Hébert en 1979, le prix Paul-Émile-Borduas en 1988 et le Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques en 2007. Après avoir vécu de nombreuses années en France et en Italie, il revient à Montréal en 2006, où il s’éteint en 2014.

































































