Tableau issu de la période post-automatiste de Marcella Maltais, Mer glauque (1960) incarne l’esprit des Notes d’atelier de l’artiste (Éditions du Beffroi, 1991), qui éclairent à la fois sa peinture et sa démarche artistique : « Toute couleur doit être juste en valeur de lumière. L’espace plat de la surface peinte ne devient “profond” que par le jeu de la lumière glissant le long des formes, les faisant apparaître, les unissant dans l’espace lumineux. » En effet, les riches empâtements stratifiés de cette composition suivent un irrépressible mouvement tectonique de gauche à droite qui laisse échapper des percées lumineuses. La poussée de matière blanchâtre dans la partie inférieure du tableau apporte un flot de lumière qui fait écho, pour sa part, à une autre note, tout aussi juste et sensible : « La lumière : dissolution des corps solides en corps glorieux. »
Née à Chicoutimi en 1933, Marcella Maltais étudie auprès de Jean Paul Lemieux et de Jean Dallaire en 1949 à l’École des beaux-arts de Québec. En 1955, elle présente une première exposition individuelle au Palais Montcalm, toujours à Québec. La même année, elle obtient le premier prix de peinture à l’Exposition provinciale. En 1957, son oeuvre fait l’objet d’une exposition au Musée des beaux-arts de Montréal. En 1958, Maltais s’établit temporairement à Paris. L’année suivante, elle reçoit le premier prix au Salon de la jeune peinture, à Montréal. Elle s’éteint à Québec en 2018.
































































